Kering et BSR analysent la résilience de l’industrie de la mode et du luxe face au changement climatique

© Kering - BSR

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Kering, le groupe de luxe, et BSR, le réseau mondial d’entreprises et d’expertise dédié au développement durable à but non-lucratif, publient aujourd’hui un rapport novateur sur le changement climatique et l’industrie du luxe. Le rapport, intitulé : « Changement climatique : implications et stratégies pour le secteur de la mode et du luxe », constitue une première analyse des conséquences du changement climatique sur le secteur du luxe. Il se propose d’aider les acteurs de la filière à comprendre les vulnérabilités qui leur sont propres, et formule des recommandations permettant l’élaboration de modèles économiques plus résilients.

Selon le Carbon Disclosure Project (CDP), si en moyenne, la moitié environ des émissions de carbone d’une entreprise sont issues de sa chaîne d’approvisionnement, dans les métiers du luxe, la majorité d’entre elles proviennent de la production des matières premières et des premières étapes de traitement. Par ailleurs, le changement climatique expose les entreprises de la mode et du luxe à des risques supplémentaires par rapport à ceux pesant sur les autres secteurs : au-delà des perturbations du transport et des livraisons, de la pénurie de ressources et des enjeux en matière sociale, le secteur du luxe se caractérise en effet par sa dépendance vis-à-vis de matières premières de qualité issues de filières de production circonscrites géographiquement et fortement vulnérables aux variations climatiques. A ce titre, le rapport s’intéresse aux matières premières stratégiques pour la filière et expose la synthèse des résultats d’une analyse approfondie consacrée aux risques climatiques actuels et futurs pesant sur le coton, le cachemire, la vigogne, la soie, le cuir de vache et de veau, et le cuir de mouton et d’agneau. Les auteurs de l’étude se sont également demandé comment renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement, à la fois en améliorant leur efficacité et en innovant dans les modes de production des matières premières, à travers des actions et des solutions déjà existantes pour les entreprises. Les principaux enseignements du rapport sont les suivants :

  • Les entreprises doivent bien comprendre leurs chaînes d’approvisionnement et soutenir des systèmes de production de matières premières qui soient plus résilients aux chocs et à la volatilité engendrés par le changement climatique.
  • La quantité et la qualité des matières premières vont toutes deux être de plus en plus affectées par les impacts du changement climatique, exposant les entreprises à une aggravation des risques.
  • Si le changement climatique est appelé à toucher la plupart des grandes régions productrices de matières premières de luxe, certaines y seront plus vulnérables que d’autres.
  • Les matières premières dont l’approvisionnement est géographiquement restreint, comme la vigogne, sont particulièrement vulnérables.
  • Le déclin de la productivité des matières premières va avoir de graves conséquences sur les petits producteurs et leurs communautés
  • Les solutions qui se focaliseront sur la base de la chaîne d’approvisionnement seront à même de procurer une multitude de bénéfices sociaux, environnementaux et économiques.

Rédigé par des experts des chaînes d’approvisionnement au sein de Kering et de BSR, ce rapport se fonde sur des données et des travaux de recherche (1) ayant évalué les impacts du changement climatique sur les entreprises.

« Le secteur du Luxe reposant sur des matières premières de haute qualité, nous devons comprendre les vulnérabilités auxquelles nous expose le changement climatique et nous montrer proactifs en renforçant la résilience de nos chaînes d’approvisionnement », a déclaré Marie-Claire Daveu, Directrice du Développement durable et des Affaires institutionnelles internationales de Kering. « De fait, la mise en œuvre d’une stratégie climatique ambitieuse au niveau de l’entreprise n’est pas négociable. Ce faisant, les entreprises vont découvrir des opportunités de réduire leurs risques et d’atteindre leurs objectifs économiques tout en apportant une contribution significative à l’environnement et, plus largement, à la société. »

« Toutes les entreprises doivent se préparer à combattre les effets du changement climatique », a déclaré Aron Cramer, PDG de BSR. « Ce rapport montre en quoi le phénomène affecte l’industrie de la mode et du luxe, et surtout, présente les solutions qui vont permettre à ses dirigeants de maintenir, face aux effets du changement climatique, la disponibilité des matières premières de qualité situées au cœur de sa proposition de valeur. »

 

(1) ‘Business in a Climate Constrained World: Creating an Action Agenda for Private-Sector Leadership on Climate Change’ (BSR), ‘Kering-Maplecroft report’ et la méthodologie de comptabilité environnementale de Kering.

 

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