La banalisation, terreau de l’homophobie qui s’enracine en France

Kurious

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Hier, mardi 12 mai 2015, « SOS Homophobie », l’association nationale de lutte contre la lesbophobie, la gayphobie, la biphobie et la transphobie, a rendu public son rapport annuel 2015 sur l’homophobie en France, qui pour sa 19e édition laisse à voir une situation jugée toujours préoccupante, malgré une baisse des témoignages d’actes LGBTphobes par rapport à l’année 2013, année un peu particulière où les débats houleux sur le mariage pour tous ont laissé des traces, certains prenant à partie les homosexuels. 2013 mis à part, année record (3 517), les chiffres sont en augmentation : 1 977 témoignages reçus en 2012 contre 2 197 en 2014 !

Dans « la vie quotidienne, la haine et la violence se manifestent toujours autant », indique Yohann Roszéwitch, président de l’association, dans son éditorial, voyant dans ces chiffres une manifestation de l’enracinement de l’homophobie dans notre pays. Enracinement d’autant plus facilité par la « banalisation des paroles de haine, notamment de la part des femmes et des hommes politiques ». Yohann Roszéwitch accusant les pouvoirs publics de justifier « la hiérarchisation des personnes selon leur orientation sexuelle et/ou leur identité de genre », en « niant l’égalité des droits et les libertés des personnes LGBT ».

Cela dit, le monde politique n’est pas le lieu où se manifeste le plus la LGBTphobie (2 %). Internet (40 %), les lieux publics (11 %), la famille, l’entourage proche (10 %) et le milieu du travail (8 %) arrivant en tête. Dans le cadre professionnel plus spécifiquement, aucun recul n’est visible pour l’année 2014, les hommes étant majoritairement les victimes (70 %) de l’homophobie qui se manifeste à 61 % sous la forme d’insultes, ou rejet et ignorance à 46 %. 49 % des victimes en milieu professionnel ne pouvant encore compter sur aucun soutien, face aux attaques dont ils sont l’objet. Agressions venant à 50 % de collègues sans lien hiérarchique.

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