Bruxelles : pas assez de diversité dans les entreprises

actu-rse bruxelles belgiqueSi 35% de la population de la capitale belge Bruxelles a plus de 45 ans, 65,9% de la population bruxelloise de 18 à 60 ans est d’origine étrangère et plus de 10% de la population belge entre 15 et 64 ans est porteuse d’un handicap ou d’une maladie chronique, cette diversité n’est pas toujours présentée au sein des entreprises bruxelloises, s’alarme une étude de BECI (Brussels Enterprises Commerce and Industry).

Après avoir disséqué la genèse de la discrimination à travers 430 entreprises bruxelloises, le BECI constate qu’il existe quatre formes de discriminations les plus profondes sur le marché de l’emploi belge.

Parité : le plafond de verre reste une réalité qui barre la progression verticale des femmes en entreprises et les écarts salariaux se situent entre 10% et 22%.

Age : un tiers des inscrits comme demandeur d’emploi auprès d’Actiris a plus de 45 ans avec de réelles difficultés de remise au travail.

Ascendance étrangère : les personnes d’origine étrangère ont un taux d’emploi entre 38 et 53 % contre 74 % chez les personnes d’origine belge.

Handicap : le taux d’emploi des personnes en situation de handicap en Belgique est seulement 40,7 % contre 66,4 % chez les personnes sans handicap.

Selon le BECI, qui , « la discrimination résulte notamment d’une construction sociale qui crée des habitudes sociales et des comportements monolithiques. Ainsi, des trajectoires sociales « mono-culturelles » peuvent engendrer des pratiques sociales – et donc des pratiques RH –  « mono-culturelles », sans qu’il y ait forcément d’intention malveillante. C’est pourquoi, certains comportements discriminatoires sont parfois silencieux ; ils sont même, pour une part, inaudibles dans l’interaction discriminante et peuvent rester invisibles à ceux même qui les posent« . Aussi, « l’interdiction de discriminer n’augmente pas la diversité. Au contraire, un mécanisme de contrôle peut, indirectement, renforcer ou créer un préjugé négatif », soulignent les auteurs, Thierry Willemarck et Jean-Claude Daoust, Président de la commission sociale de BECI. Ils réagissent ainsi à la proposition de résolution de la majorité fédérale visant à introduire des contrôles ciblés relatifs à la lutte contre la discrimination sur le marché du travail. « Cette interdiction existe depuis 35 ans (à travers divers textes de loi) et les résultats récents (monitoring socio-économique notamment) montrent bien qu’elle ne modifie pas les chiffres », affirment-ils. Et de rappeler aussi, « que la discrimination, inscrite dans toute la société, demande une approche globale notamment à travers l’enseignement qui constitue la machine à discriminer la plus puissante qui soit ».

Le texte complet de l’étude sera diffusé début septembre avec le magazine de BECI, Bruxelles métropole.

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