Un salarié flashé = un salarié sanctionné, fini les passe-droits

Tarabiscuite

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En début de semaine, se tenait la séance plénière du Conseil national de la sécurité routière à l’Assemblée Nationale, organisme qui depuis 2001 participe « à l’élaboration et à l’évaluation de la politique des pouvoirs publics en matière de sécurité routière », notamment en émettant des recommandations au gouvernement français. Lors de cette dernière séance, qui a eu lieu ce lundi, le CNSR a voté une recommandation visant plus particulièrement les actifs usagers de la route, qui jusqu’à présent bénéficient d’une faille du système, leur permettant d’échapper aux sanctions en cas d’infraction au code de la route au volant de leur voiture d’entreprise.

Un état de fait contraire au « principe d’égalité entre les citoyens », mais rendu possible notamment par la difficulté d’identifier le conducteur, le Conseil national de la sécurité routière se déclarant ainsi favorable à « l’obligation assortie d’une sanction dissuasive, pour les personnes morales d’assurer la traçabilité temporelle des conducteurs sur leur parc de véhicules », et par la « complicité » parfois des entreprises qui paient les amendes des salariés mais ne les dénoncent pas, le flashage par l’arrière des radars ne permettant pas de savoir avec certitude qui conduit, laissant la porte ouverte à des contestations, qui auraient moins cours avec des radars double face, dont le CNSR souhaite le développement.

Selon, l’association Promotion et suivi des risques routiers en entreprise (PSRE), en 2014, on n’a dénombré pas moins de 21 millions de flashs de radars, dont 10 à 15 % concernant des voitures de société. La route étant la première cause de décès au travail, soit à l’origine de plus de 20 % des accidents mortels du travail, cette recommandation pour remédier aux failles du système a tout son sens et cela inciterait peut-être les salariés sur la route à plus de prudence, eux qui ont un comportement parfois à risques, 85 % concédant avoir déjà eu une conduite dangereuse, lors d’une étude Ifop/MMA réalisée en mars 2015.

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