Santé/sécurité au travail en Europe : la confrontation aux autres, 1er facteur de risque

 © RyanMcGuire

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Il y a quelques semaines, fin juin 2015, l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) a présenté au Parlement européen à Bruxelles les résultats de son enquête européenne concernant les risques nouveaux et émergents en matière de sécurité et de santé dans le cadre des entreprises. Une enquête qui a été menée à l’été et au début de l’automne 2014, auprès de pas moins de 49 320 établissements, situés dans 36 pays, à savoir les 28 États membres de l’Union européenne, ainsi que l’Albanie, l’Islande, le Monténégro, l’ancienne République yougoslave de Macédoine, la Serbie, la Turquie, la Norvège et la Suisse.

L’enfer, c’est les autres ? Vu les résultats de l’enquête, ça en a tout l’air, en matière de santé et de sécurité au travail, le premier facteur de risque avancé (EU-28) étant la confrontation avec des clients, des patients, des élèves, etc., difficiles, donc d’ordre psychosocial. Les facteurs de risques physiques lui emboîtant le pas, soit les positions fatigantes ou pénibles, les mouvements répétitifs ; les risques liés aux machines ou aux outils n’arrivant qu’en 4e position. Bien entendu, en fonction du secteur d’activité, les données changent, la confrontation avec les autres étant plus citée dans des secteurs comme les services, l’enseignement, l’action sociale. Concernant le risque encouru avec la manipulation de machines, il est cité plus fréquemment dans les sociétés de construction, l’agriculture… L’administration publique et le secteur des technologies de l’information, la finance, l’immobilier étant plus impactés par les risques relatifs aux mouvements répétés et autre positions pénibles. Mais les troubles musculo‑squelettiques concernent plus ou moins de manière générale tous les secteurs.

Ces risques sont-ils pris en compte par les entreprises (EU-28) ? Oui, elles sont ainsi 76 % à effectuer des évaluations des risques régulièrement, les sociétés des secteurs présentant une dangerosité y accordant une grande importance, les évaluations portant en premier lieu sur les machines, les équipements et les installations (84 %), arrive ensuite tout ce qui a trait aux exigences physiques imposées par le travail aux salariés (75 %). En la matière, la France est loin de faire partie des meilleures élèves, étant dans le top 10 des pays où le pourcentage d’établissements réalisant des évaluations des risques sur le lieu de travail régulièrement est le plus faible. Mais pourquoi se dispenser de faire des évaluations régulières ? Pour 83 %, les risques et dangers sont déjà connus et pour 80 %, il n’existe pas de problèmes majeurs !

La suite des résultats de l’enquête :

https://osha.europa.eu/fr/tools-and-publications/publications/reports/esener-ii-summary.pdf/view

 

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