Les sponsors de la COP21 ne font pas l’unanimité

© Geralt

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La France s’apprête à accueillir la prochaine conférence sur le climat, l’objectif étant de trouver un accord universel à ce sujet pour contenir le réchauffement au plan planétaire et qu’il n’augmente pas de plus de 2 degrés et ainsi éviter un dérèglement du climat qui pourrait avoir de très graves conséquences. Elle présidera ainsi la 21e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques de 2015 (COP21/CMP11), qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015. Une conférence internationale d’une importance capitale, qui sera présidée par le ministre des Affaires étrangères et du Développement international Laurent Fabius, qui donne toute la mesure de l’enjeu, en déclarant que : « Nous sommes la dernière génération à pouvoir agir », soulignant ainsi l’imminence de la catastrophe si nous ne faisons rien.

C’est aussi une conférence qui, compte tenu de son ampleur, a un coût certain : quelque 170 millions d’euros, selon le secrétaire général de la conférence COP21, Pierre Henri Guignard, cette dernière étant « la plus grande conférence internationale qui ait jamais eu lieu » sur le sol français « et assurément l’un des plus grands événements diplomatiques de ce début de siècle », a ainsi souligné Laurent Fabius s’adressant à la presse, il y a deux jours, pour annoncer un partenariat avec plusieurs entreprises notamment pour assumer partiellement, d’un point de vue financier, l’organisation de cet événement qui ne réunira pas moins de 196 parties, soit 40 000 délégués, outre des représentants de la société civile, pour trouver des solutions au problème climatique qui se pose à tous. Le soutien qu’elles apporteront sera soit en espèce soit en nature. Ce partenariat devant permettre de moins impacter les contribuables, Laurent Fabius tablant sur le financement de la COP21 en ayant recours au mécénat, à hauteur de 20 %, contre 10 % seulement pour l’instant. Une liste provisoire de 20 entreprises a ainsi été divulguée : ACI, Air France, Axa, BNP Parisbas, la Caisse des dépôts et consignation, Derichebourg, EDF, ENGIE ex-GDF Suez, Generali, La Poste, Renault Nissan, La Caisse centrale de réassurance, ERDF, Les Galeries Lafayette, IKEA, JC Decaux, LVMH, Michelin, Le syndicat des eaux d’Ile-de-France et SUEZ Environnement. Laurent Fabius insistant sur le fait que ces dernières sont des « amies du climat » et donc « sensibles » à cette question.

Ce qui n’a pas manqué de faire réagir vivement les organisations environnementales au nombre desquelles : Attac France, Corporate Europe Observatory, Les Amis de la Terre, 350.org, WECF qui ont publié un communiqué commun et pour qui « Les sponsors privés de la COP21 ne sont pas climato-compatibles », soulignant « l’incohérence du gouvernement » et redoutant que « les négociations se retrouvent aux mains des pollueurs ». Elles pointent notamment du doigt les émissions massives des gaz à effet de serre de beaucoup des entreprises présentes sur la liste du gouvernement, citant EDF et Engie. Elles dénoncent l’implication de certaines entreprises françaises dans des « projets nocifs pour les populations, leurs conditions de vie et de travail », Air France étant attaqué pour son refus de réduire les émissions dans l’aviation, Renault-Nissan pour ses voitures polluantes, Suez Environnement pour ses positions en faveur du gaz de schiste, BNP Paribas pour son soutien au charbon et son évasion fiscale… un discours virulent contre ces multinationales décrites comme « climaticides » et faisant « partie du problème pas de la solution ».

Face à cette levée de boucliers et à la polémique, Laurent Fabius, interrogé par Patrick Cohen sur France Inter, a répondu avoir fait bien attention et qu’il n’est pas question que ces entreprises choisies soient hostiles à la réalité climatique, certaines ayant d’ailleurs été écartées pour établir la liste, « il faut bien veiller, et ce qui est le cas, à ce que ces entreprises, non seulement n’aient pas d’effets négatifs mais s’engagent véritablement pour le climat », prenant ainsi l’exemple de Renault-Nissan qui produit la moitié des véhicules électriques dans le monde, pour étayer son propos, le constructeur automobile mettant ainsi à disposition 200 voitures électriques pour la COP21. Pas sûr que cela fasse taire les ONG remontées par cette liste… accusant les entreprises sponsors d’écoblanchiment avec le concours du gouvernement.

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