Les enfants syriens au travail : une génération perdue ?

© Unicef/MENA2014-00033/Romenzi Lebanon

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Guerre, crise humanitaire majeure, la Syrie est loin d’être épargnée et encore moins ses enfants, qui sont de plus en plus nombreux à déserter les écoles, non pas par choix mais par nécessité pour subsister : en effet, dans plus de trois quarts des foyers, ils participeraient au revenu de la famille, le conflit syrien ayant considérablement appauvri les gens, les enfants n’ont pas d’autres choix que d’aller travailler. Une situation alarmante que dénoncent l’ONG Save the Children, qui défend les droits des enfants dans le monde, et le Fonds des Nations unies pour l’enfance : l’Unicef, dans un rapport publié hier, 2 juillet 2015, intitulé « Small hands, heavy burden » (Petites mains lourd fardeau).

Le Dr Roger Hearn, directeur régional pour Save the Children au Moyen-Orient et en Eurasie, indique ainsi que le « travail des enfants a atteint des niveaux critiques », le constat est le même quand il s’agit d’évoquer les réfugiés en Jordanie ou encore au Liban : en Jordanie, « près de la moitié des enfants des réfugiés syriens sont les principaux soutiens de leur famille », au Liban, des enfants dès l’âge de 6 ans travailleraient ! Une situation d’autant plus préoccupante, que beaucoup d’enfants auraient des conditions de travail dangereuses : lourdes charges, pesticides, produits toxiques… menaceraient ainsi gravement leur santé. Une main-d’œuvre docile et économique, les enfants au mépris de leur santé acceptant de travailler pour de faibles revenus… quand ils ne finissent pas, pour les plus faibles, sur le trottoir à mendier ou pire à se prostituer !

Un rapport au constat très amer : « Les enfants de la Syrie paient un lourd tribut à l’échec du monde à mettre fin au conflit » et qui évoque même la crainte d’une « génération perdue », mais les ONG ne voulant s’y résoudre, elles appellent ainsi toutes les bonnes volontés à se mobiliser pour lutter contre le travail des enfants et surtout pour mettre fin aux pires formes de travail, en améliorant l’accès aux moyens de subsistance, sans oublier le volet éducation, bien mis à mal en ces temps difficiles, pour ne pas que certains rêves d’enfants se brisent, comme celui de Khaled qui ambitionnait de devenir professeur… mais qui doit malheureusement travailler 12 heures par jour !

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