L’E-Fan, premier avion électrique à traverser la Manche

© Airbus

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Le 25 juillet 1909, l’aviateur français Louis Blériot entrait dans l’Histoire en réalisant la première traversée de la Manche par la voie des airs, avec un aéroplane monoplan Blériot XI à moteur trois cylindres Alesandro Anzani de 25 chevaux de puissance, volant de Calais à Douvres en 37 minutes. Bien des années plus tard, au tour du pilote d’essai Didier Esteyne de réitérer l’exploit, mais cette fois avec une plus grande prise en compte de l’aspect environnemental et de l’empreinte que l’aviation peut laisser sur la planète, puisque c’est aux commandes d’un avion 100 % électrique qu’il a franchi la Manche, une grande première qui a eu lieu aujourd’hui même, pour un coût de quelque 2 euros d’électricité !

Parti à 10 h 15 de Lydd, l’aviateur français a rejoint l’aéroport de Calais-Dunkerque à 10 h 56, avec son biplace E-Fan – soit un vol à 1 000 mètres d’altitude d’une quarantaine de minutes totalisant 74 kilomètres – dans la plus grande discrétion niveau décibels, un appareil affichant environ 600 kilogrammes de la firme Airbus, équipé de deux moteurs électriques à batteries lithium-ion et donc ne dégageant aucune émission de CO2 ! Les batteries positionnées au niveau des ailes droite et gauche, au terme du vol, étaient encore chargées à hauteur de 21 %, ces dernières ayant été sollicitées 53 minutes en tout.

« Nous avons maintenant franchi une étape importante vers la production en série, ce qui conduira à la mise au point et la fabrication d’avions électriques qui sont sans danger, fiables et certifiables aux normes de navigabilité », a déclaré Jean Botti, directeur technique du groupe Airbus, l’E-Fan pouvant évoluer jusqu’à 220 kilomètres par heure et disposant d’une autonomie tournant autour de 60 minutes, est destiné à une utilisation en aéroclubs et écoles de pilotage. Avec l’E-Fan, une nouvelle ère s’ouvre en matière aéronautique, Airbus tablant d’ici à 2050 sur des moteurs électriques pour des avions de ligne ! La performance de Didier Esteyne restera dans les annales et l’E-Fan n’est que le début d’une aviation plus respectueuse de la planète : Patrick Gandil, directeur général de la Direction générale de l’aviation civile voyant dans cet avion une solution aux deux problèmes environnementaux que sont le bruit et les gaz à effet de serre.

 

 

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