Lancement du programme Beef Carbon : le premier plan d’actions de réduction carbone pour l’élevage bovin viande

© Dominik Schraudolf

© Dominik Schraudolf

Vers une ferme bovin viande « bas carbone »

A quelques semaines de la Conférence climat à Paris (COP 21), la filière viande bovine a lancé le programme BEEF CARBON, un plan d’actions visant à réduire l’empreinte carbone de la viande de 15 % d’ici à 10 ans. Afin d’atteindre cet objectif ambitieux, un diagnostic sera réalisé dès l’année 2016 sur 2 000 fermes afin d’obtenir un ensemble de références environnementales. 170 fermes pilotes permettront de démontrer l’intérêt des différents leviers de réduction de l’impact environnemental.

L’Institut de l’Elevage, avec le soutien étroit d’INTERBEV, l’Interprofession nationale du Bétail et des Viandes, pilote ce programme européen d’envergure qui rassemble un large partenariat.

 Les objectifs du programme BEEF CARBON

BEEF CARBON emploie une méthode de recherche-action participative qui place l’éleveur au cœur du projet. En effet, elle consiste à réaliser chez lui un diagnostic environnemental grâce à un nouvel outil de mesure baptisé Cap2er[1] qui permet d’évaluer l’impact de son exploitation sur l’environnement.

Ce projet de recherche et de démonstration prévoit ainsi de :

  • Calculer l’empreinte carbone et environnementale de 2 000 fermes de démonstration, afin de disposer de références dans des contextes de production variés et représentatifs de la diversité des élevages au niveau national et européen.
  • Tester et promouvoir les meilleures techniques permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’accroître le stockage de carbone, tout en préservant la viabilité économique de l’élevage et les conditions de travail de l’éleveur.
  • Créer un réseau de fermes de démonstration produisant de la viande à faible impact carbone ainsi qu’un réseau européen de 190 techniciens et 170 éleveurs innovants, pourvoyeurs de solutions adaptées et reproductibles à court et moyen termes que ce soit par exemple sur la gestion du troupeau, l’autonomie fourragère, la valorisation des coproduits céréaliers ou d’oléoprotéagineux (tourteaux) d’origine française ou européenne.

Pour en savoir plus

Agréé en septembre 2015 pour une durée de 5 ans, le programme BEEF CARBON bénéficie de financements européens (Life +) et CASDAR [2]. Il mobilise un réseau d’experts et d’éleveurs issus de 4 pays : l’Irlande, l’Italie, l’Espagne et la France.

En France, en plus de l’Institut de l’Elevage et d’INTERBEV, BEEF CARBON fédère un large partenariat incluant l’INRA et les organismes de développement fédérés au sein de Coop de France Pôle animal, France Conseil élevage et Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture : Chambres d’agriculture d’Auvergne, de Bourgogne, de Bretagne, de Midi Pyrénées, de Normandie, des Pays de Loire ; Coop de France, CEMAC, FEDER, SICAGIEB, SICAREV, Union Régionale Grand Ouest ; France Conseil Elevage, ECLA, EILYPS, Littoral Normand, EDE 81.

 Le secteur bovin viande et lait signe son engagement dans le défi climatique

En cette année de négociations importantes à Paris fin 2015 (COP21), le secteur bovin viande et lait qui contribue à hauteur de 10 % aux émissions de gaz à effet de serre national montre aussi ses solutions : il a déjà réduit de 14 % ses émissions depuis 1990, il en compense en moyenne 30% grâce au stockage de carbone dans les prairies et les haies.

 

Témoignage de Marie Jo Beauchamp, éleveuse de bovins et d’ovins en Saône et Loire, ayant déjà testé le diagnostic environnemental Cap2er sur son exploitation.

« Ce diagnostic approfondi nécessite tout d’abord de collecter un assez grand nombre de données sur le troupeau, la gestion des effluents, les surfaces fourragères et l’alimentation dédiée au troupeau.

Au final, il est très intéressant de pouvoir comprendre d’où vient chaque gaz à effet de serre et à partir de là, pouvoir identifier nos leviers d’actions. Chez nous par exemple, nous pouvons progresser en produisant nos propres protéines végétales comme la luzerne ou encore en économisant sur la consommation de fioul par du semis direct.

Cet outil permet aussi de calculer quelques une de nos contributions positives à l’environnement. Ainsi dans mon cas, mes 100 ha de prairies permanentes et 17 km de haies stockent 90 000 kg de carbone par an et permettent de compenser 40 % des émissions de gaz à effet de serre de mon élevage. J’entretiens également l’équivalent de 290 ha de biodiversité. »

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