La fin des invendus alimentaires « javellisés » !

© Eineresterampe

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Les prochains reportings RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) des enseignes de distribution alimentaire, moyennes et grandes surfaces, devraient désormais tous comporter un volet sur le gaspillage alimentaire, car obligation leur est faite de lutter contre ce fléau des sociétés modernes, par des amendements, au nombre de trois, qui ont été votés de manière unanime, hier, à l’Assemblée nationale, amendements à la loi sur la transition énergétique, portés notamment par le député PS de la Mayenne et ancien ministre délégué à l’Agroalimentaire, Guillaume Garot, scandalisé par les pratiques des grandes surfaces, qui rendent impropres à la consommation des aliments invendus jetés à la poubelle en ayant recours à de l’eau de Javel.

Ces modifications de la loi devraient participer à faire baisser le gaspillage alimentaire, le gouvernement tablant depuis 2012 sur une réduction de moitié d’ici l’année 2025, le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie avançant le chiffre de 20 kilogrammes de déchets annuellement par personne, dont 7 kilogrammes encore sous emballage. Mais encore faut-il que le Conseil constitutionnel ne censure pas ces amendements, Frédéric Lefebvre, député UMP des Français d’Amérique du Nord, indiquant que cela est possible, car ils ont été introduits lors d’une nouvelle lecture du projet de loi.

Ces amendements présentés par des députés de divers groupes politiques rassemblés autour de Guillaume Garot, dont Jean-Pierre Decool et Brigitte Allain, respectivement UMP et Ecologiste, visent à « établir des règles et des moyens d’action contre le gaspillage alimentaire », avec un travail de prévention à réaliser et l’interdiction pour la grande distribution (à savoir les moyennes et grandes surfaces de plus de 400 mètres carrés) de rendre des aliments encore bons impropres à la consommation, ces derniers ne devant pas finir à la poubelle mais faire l’objet de dons à des associations, ou encore être transformés et revalorisés en nourriture pour animaux, en énergie ou encore en compost. Fini également la destruction des retours aux fournisseurs des produits de marque distributeur et place également aux dons. Les professionnels du secteur ont un peu plus d’un an (1er juillet 2016) pour conclure des accords avec des organismes caritatifs pour la mise en place du système de dons de denrées alimentaires consommables. Cette mesure, si elle est non respectée, pourrait coûter cher, des sanctions sont prévues : une amende de 75 000 euros et une peine de 2 ans de prison ! Enfin, l’éducation nationale a un rôle à jouer, pour inculquer aux enfants de bonnes pratiques.

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