La diversité dans la presse belge francophone

© Kanar, AJP

© Kanar, AJP

« Vous auriez un journal qui donne la parole aux femmes ? », « C’est pour une caméra cachée ? ». C’est sur un dessin humoristique au dialogue bien senti que s’ouvre le compte rendu de la dernière étude menée par l’association des journalistes professionnels de Belgique (AJP) concernant la diversité vue sous cinq angles : sexe, âge, origine, catégorie socioprofessionnelle et handicap, et l’égalité dans la presse quotidienne belge francophone. Etude dont l’AJP a rendu publics les résultats seulement hier, 6 juillet 2015.

L’étude ayant déjà été faite en 2011 et après des campagnes de sensibilisation sur ce thème, l’heure est au bilan, la situation a-t-elle évolué dans le bon sens ? Toutes les catégories de personnes ont-elles droit à une bonne représentativité ? Pour le savoir, Le Soir, La Dernière Heure/Les Sports, La Libre Belgique, Metro, les Editions de l’Avenir et Sudpresse ont été passés au crible durant trois jours, à savoir les jeudi 10 octobre 2013, mardi 18 février 2014 et samedi 22 mars 2014, ou plutôt leurs articles, au nombre de 2 142.

Le cas de la parité hommes – femmes donne lieu à la première déception, avec un léger recul de la présence des femmes dans les contenus journalistiques pour 2013-2014 : 17,31 % contre 17,83 % en 2011, les hommes étant toujours surreprésentés ! Une présence féminine qui varie en fonction de la thématique du contenu : enseignement/éducation (36,84 %) et santé/bien-être (36,46 %) étant les deux thématiques les plus féminines, le sport restant la chasse gardée des hommes, présents à hauteur de 93,07 %. Enfin, pour trouver une surreprésentation des femmes, il faut regarder du côté des articles qui ont trait à la sphère familiale, la sphère professionnelle étant l’apanage des hommes.

Concernant la représentation des origines, la tendance est à l’amélioration, avec des intervenants non-blancs qui doublent leur présence notamment. Les non-blancs étant le plus présents dans la catégorie sport sur le plan international (43,75 %) et d’un point de vue du genre rédactionnel, dans les articles informatifs (33,95 %), ils ne sont que 6,25 % dans les articles d’opinion. Pour ce qui est des catégories délinquants/victimes, la quasi-parité de 2011 n’est plus de mise, les intervenants présentés comme victimes sont à 75 % blancs, et comme délinquants à 56 % non-blancs.

En termes de profession, la diversité n’est pas vraiment au rendez-vous, les cadres intellectuels et surtout les sportifs (42,24 %) occupant tout l’espace (95 %), face aux ouvriers, employés et inactifs, dont la présence est jugée « insignifiante ».

Si l’on s’intéresse à l’âge, sans surprise, on observe une prédominance des adultes face aux enfants, les 19-34 ans étant les mieux lotis avec une présence de 43,49 %. A chaque tranche d’âge, ses thématiques de prédilection, – de 18 ans : l’éducation, l’enseignement, 19-34 ans : le sport (73 %), 35-64 ans : l’économie, la finance, la politique.

Enfin, pour finir, la représentation des handicapés : elle a baissé par rapport à 2011 (deux fois moins !), soit 0,16 % contre 0,33 % et de surcroît, les handicapés à 80 % occupent un rôle passif. Une catégorie donc « oubliée ou gommée par la presse » selon les conclusions de l’étude.

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