HRW alerte les raffineurs d’or sur le travail des enfants au Ghana

© Juliane Kippenberg/Human Rights Watch

© Juliane Kippenberg/Human Rights Watch

Vendredi dernier, le 12 juin 2015, était célébrée la journée mondiale contre le travail des enfants, enfants qui sont encore 168 millions à travailler à travers le monde, dont plus de la moitié réalisant des travaux dangereux, à savoir 85 millions, d’après les chiffres communiqués dans un document émanant de l’Organisation internationale du travail. A cette occasion, Human Rights Watch, qui se décrit comme « l’une des principales organisations indépendantes au monde qui se consacrent à la protection et à la défense des droits humains » a tiré la sonnette d’alarme, mettant ainsi en garde les raffineurs d’or internationaux qui, s’approvisionnant d’or venant du Ghana, pourraient se rendre complices du travail dangereux des enfants dans des mines artisanales ou ne détenant pas de licence.

Juliane Kippenberg, membre de Human Rights Watch, spécialisée dans les droits des enfants et auteur du rapport « Métal précieux, travail bon marché : Le travail des enfants et la responsabilité des entreprises relative aux mines d’or artisanales du Ghana », appelle ainsi les sociétés qui achètent de l’or en provenance du Ghana, pays occupant la 9e place du classement mondial en matière d’extraction d’or en 2014 (104,1 tonnes), à faire preuve de la plus grande vigilance et à « exercer un contrôle sur toute leur chaîne d’approvisionnement pour s’assurer qu’elles ne profitent pas du travail des enfants. »

Selon le rapport, venant d’être publié, en dépit de la loi ghanéenne (les personnes de moins de 18 ans n’étant pas autorisées à travailler dans des exploitations minières) et internationale, des milliers d’enfants, ayant pour la plupart entre 15 et 17 ans (mais il y en a de beaucoup moins âgés, 9 ans !), travailleraient dans ces mines artisanales ou sans licence, exposés à de nombreux dangers comme le traitement du minerai au mercure, une substance très toxique même à faible quantité d’exposition, pouvant avoir une incidence sur les systèmes nerveux, digestif et immunitaire, et sur les poumons, les reins, la peau et les yeux, indique l’Organisation mondiale de la santé, ou encore l’effondrement des mines

Face à la situation, Human Rights Watch demande plus d’engagement de la part des sociétés qui achètent l’or mais aussi du gouvernement du Ghana et ainsi d’être beaucoup plus regardants vis-à-vis du travail des enfants, ce qui passe par une plus grande surveillance, par la signature de contrats acheteurs – fournisseurs avec des clauses interdisant le travail des enfants, par la détermination précise de l’origine de l’or, par une plus grande importance donnée aux droits humains, pour Juliane Kippenberg « les gouvernements devraient faire des droits humains une exigence de diligence raisonnable dans les pays producteurs comme le Ghana et où l’or est échangé et raffiné, comme la Suisse et les Émirats Arabes Unis », ou encore par l’éradication du mercure…

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