Harcèlement moral et sexuel : La Nouvelle République du Centre-Ouest condamnée

© Succo

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12 500 euros au total de dommages-intérêts, telle est la somme dont devra s’acquitter le quotidien La Nouvelle République du Centre-Ouest en réparation d’actes de harcèlement moral et sexuel à l’encontre d’une de ses journalistes, Mme G. (10 000 euros), et du préjudice moral de l’Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail (AVFT) représentée par Gisèle Amoussou (2 500 euros), sur une décision du Conseil des prud’hommes de Tours, qui a condamné le journal le 1er juillet dernier. L’AVFT indiquant dans un communiqué que : « Pour la première fois, un conseil de prud’hommes qualifie de harcèlement sexuel à l’encontre d’une salariée des agissements à caractère sexuel qui ne la visaient pas personnellement ».

Qu’est-ce qui a conduit à une pareille situation ? Une dégradation des conditions de travail de la journaliste Mme G., membre de la rédaction du journal depuis 1989, obligée de supporter la présence de collègues masculins tenant des discours ou mimant des scènes à connotation sexuelle, ou ayant des sous-entendus d’ordre sexuel, outre des photos dégradantes de femmes en guise d’économiseurs d’écran ou encore des photos à caractère sexuel ou obscène sur les murs ! Sans parler des vidéos sexistes ou sexuelles émanant du directeur et du service sport reçues par une collègue par mail…

Un environnement de travail des plus malsain qu’elle ne tarde pas à dénoncer auprès du directeur départemental, sans suite et qui va conduire à un arrêt de travail signé de son médecin traitant, puis à la demande de résiliation judiciaire de son contrat de travail ! L’employeur revoyant seulement le règlement intérieur au regard des nouvelles dispositions sur le harcèlement sexuel, rien de plus, pas même une petite enquête. Une forme d’inaction qui se paie aujourd’hui et ce, même si les harcèlements ne la visaient pas personnellement ! Et si Mme G. a manqué d’humour face à tout cela comme ses collègues lui reprochaient, le Conseil des prud’hommes de Tours n’a guère trouvé ça plus drôle…

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