Discrimination raciale : Solvay (Rhodia Opérations) condamné

© Solvay Photolibrary

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Le groupe chimique Solvay, c’est 119 sites dans 52 pays à travers le monde, une masse salariale de 26 000 collaborateurs, un chiffre d’affaires net de 10 213 M€ et un projet d’entreprise développement durable : Solvay Way, démarche de responsabilité sociale et environnementale qui fait état notamment pour 2014 de bons résultats globaux, avec notamment un bon dialogue social. En ce printemps 2015, l’image est écornée, en raison de la condamnation de Rhodia Opérations pour « discrimination raciale à l’évolution de carrière », condamnation prononcée par la chambre sociale de la cour d’appel de Lyon, vient de faire savoir SOS Racisme Rhône-Alpes, via la diffusion d’un communiqué, en sa qualité de partie intervenante.

C’est au niveau du site de Belle-Etoile à Saint-Fons, qui emploie quelque 580 personnes, qu’a été constatée une inégalité de traitement entre des salariés, certains d’origine étrangère se sentant pénalisés au niveau de l’avancement de leur carrière professionnelle, suite à quoi l’affaire a été portée au conseil des prud’hommes. Après avoir été déboutés, les salariés concernés au nombre de cinq ont fait appel, la cour d’appel de Lyon ayant rendu son jugement fin mai : un seul a été reconnu comme victime. Rhodia Opérations devra donc lui verser des dommages et intérêts, tout comme aux parties prenantes : SOS Racisme Rhône-Alpes, le MRAP et le syndicat SCERAO CFDT.

Qu’est-ce qui a conduit à une pareille situation ? Le salarié, contrairement à d’autres collègues au patronyme français, en dépit de ses qualifications, n’a pu prétendre à une formation pour faire avancer sa carrière et obtenir le statut de technicien, ses « demandes répétées » ayant été « systématiquement rejetées », indique SOS Racisme Rhône-Alpes, qui va poursuivre son combat contre les discriminations et étudier les recours possibles pour les quatre autres personnes qui n’ont pas eu gain de cause. Solvay va, pour sa part, se pourvoir en cassation.

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